Armi dal Libano alla Siria, chi controlla i traffici

Sana, armi sequestrate ai terroristiLe armi dal Libano alla Siria passano. Ma non, come sostiene Damasco, dagli agenti del complotto turco-saudita-israeliano verso i terroristi anti-regime.

Trafficanti e analisti interpellati dalla France Presse di Beirut, affermano che da un lato si tratta di “iniziative individuali” e che dall’altra sia gli Hezbollah libanesi che le autorità siriane continuano a controllare questo flusso di armi lungo la porosa frontiera.

Lo scenario siriano e l’evidente squilibrio di forze in campo dopo sette mesi (sic!) di manifestazioni e repressione non dà ancora ragione a chi spera che in Siria agiscano davvero terroristi foraggiati dagli Hariri, da Erdogan o dal principe saudita Bandar b. Sultan. Qui di seguito l’articolo della France Presse apparso il 16 ottobre 2011.

La contrebande d’armes vers la Syrie en provenance des pays voisins et surtout du Liban prospère à mesure que la révolte populaire se prolonge même si les trafiquants semblent motivés par l’appât du gain, estiment les experts.

“Les réseaux de trafiquants qui de longue date opèrent le long de la frontière se seraient reconvertis dans les armes depuis plusieurs mois”, affirme Peter Harling, expert du International Crisis Group (ICG) basé à Damas.

“Un marché s’est rapidement créé dans un pays où, contrairement au Liban, à l’Irak, au Yémen ou à la Libye, il existait peu d’armes en circulation”, dit-il. Mais, M. Harling estime que l’on ne “peut pas parler à ce stade, comme le fait le régime, d’un rôle significatif de sponsors étrangers”.

Si c’était le cas, “la résistance à l’appareil sécuritaire serait beaucoup plus répandue et efficace”. “Il y a des gens qui achètent des armes pour l’auto-défense, des deux côtés”, selon lui.

“Les villages alaouites se sont beaucoup armés par peur de représailles. Et du côté de la contestation (à majorité sunnite), la tentation de se défendre grandit, vu que le régime fait payer un prix toujours plus lourd à la population”. Selon l’ONU, plus de 3.000 personnes ont péri en Syrie dans la répression depuis le 15 mars de la révolte populaire qui réclame la chute du régime de Bachar al-Assad.

“A mesure que la crise s’approfondit, une certaine économie de la violence se met en place”, résume M. Harling. Ces dernières semaines, plusieurs Libanais et Syriens soupçonnés de trafic d’armes ont été arrêtés du Liban. D’après un diplomate occidental à Beyrouth, le trafic d’armes du Liban vers la Syrie relève d'”initiatives individuelles. Certains trafiquants pourraient être des sympathisants de partis politiques mais cela ne veut pas dire que ces partis sponsorisent la contrebande”.

“La Syrie a envoyé des armes pendant des années au Liban. Aujourd’hui, c’est l’arroseur arrosé”, relève le diplomate, sous couvert de l’anonymat, en notant un trafic en provenance d’Irak et de Turquie. Les autorités syriennes accusent le mouvement pro-occidental de Saad Hariri d’armer et de financer les “bandes terroristes”, ce que dément l’ex-Premier ministre libanais. Entre-temps, le marché est florissant.

“Les Syriens prennent toutes les armes, faisant gonfler les prix”, confie un marchand d’armes sous licence qui a requis l’anonymat. La plupart des armes remontent à la guerre civile au Liban (1975-1990), d’autres sont entrées illégalement depuis l’Irak, explique-t-il. D’après un vendeur travaillant au noir dans le nord, “le prix d’une kalachnikov de seconde main est passé de 700/800 dollars à 1.300/1.500 dollars”, et c’est l’arme la plus demandée.

Les clients syriens, dit-il, préfèrent la kalachnikov russe ou chinoise aux armes automatiques irakiennes ou iraniennes. Le prix de la grenade est passé de 5 à plus de 10 dollars, la roquette de 70 à 200 dollars. Les fusils de chasse -semi-automatiques- sont de plus en plus sollicités. Importés de Turquie pour 170 à 200 dollars, ils sont vendus entre 400 et 500 dollars, ajoute-t-il.

La livraison se fait dans des régions reculées, à travers des sentiers impraticables, parfois à pied. Et si depuis juillet l’armée syrienne a renforcé ses mesures de sécurité, le trafic n’a pas cessé. “Il y a plus de 50 passages illégaux entre le Syrie et le Liban. Il est impossible de déployer un soldat à chaque mètre” de la frontière (environ 330 km), souligne l’expert militaire Elias Hanna.

Selon le diplomate occidental, le puissant parti armé Hezbollah, allié de Damas, a renforcé sa présence sur la frontière est pour contrôler le trafic. Mais “les armes légères entrant en Syrie ne peuvent inverser l’équilibre de forces”, sauf si les pays voisins, notamment la Turquie, décident de laisser tomber le régime, selon M. Hanna. “Les armes pèseront alors dans la balance. Mais je ne pense pas que cela arrivera de sitôt”.