Il predicatore riformista al Khatib in carcere, “un salafita”?

E’ stato arrestato dai servizi di sicurezza del regime siriano un predicatore musulmano sunnita moderato e riformista, noto per le sue aperture a esponenti della comunità alawita, branca dello sciismo a cui appartengono la famiglia presidenziael al Assad e gli altri clan al potere da quarant’anni.

Né da notizia tramite il proprio blog Thomas Pierret, docente di Islam contemporaneo all’Università di Edinburgo in Scozia e autore del libro “Baath e Islam in Siria” (Parigi, 2011). Lo studioso, che da anni si occupa di questioni siriane e che ha molti contatti nel Paese, precisa che lo scorso 27 aprile “non si hanno più notizie dello shaykh Ahmad Muadh al Khatib”, 52 anni, ex predicatore nella Grande Moschea Omayyadi di Damasco e “ben nota figura dell’opposizione islamica moderata”.

Aggiornamento del 12 maggio. Fonti vicine allo shaykh affermano che è stato liberato. Non si hanno conferme certe, al 14 maggio 2012.

Non è la prima volta che al Khatib finisce in carcere. E’ entrato e uscito di prigione più volte da quando nel 1995, in seguito a critiche espresse pubblicamente al partito Baath al potere e alla dittatura degli Assad, fu destituito dall’incarico e gli fu ritirato il permesso di predicare in moschea.

Con lo scoppio delle rivolte popolari in Siria nel marzo 2011, al Khatib si è distinto per i suoi stretti legami col movimento dei giovani non violenti e con esponenti laici dell’opposizione interna. Il 28 marzo 2011 aveva firmato un appello, pubblicato su as Safir libanese, in favore della creazione di uno Stato civile in Siria.

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Depuis son arrestation le 27 avril dernier, on est sans nouvelles du cheikh Ahmad Mouaz al-Khatib (n. 1960), ancien prêcheur de la mosquée des Omeyyades de Damas et figure bien connue de l’opposition islamiste modérée (1).

Dès 1995, ses critiques courageuses de la dictature baasiste valent à al-Khatib d’être interdit de prêche. Il refusera par la suite toutes les propositions qui lui seront faites de lever cette interdiction en échange d’une posture plus consensuelle. Ne lui reste donc, pour s’exprimer, qu’un site web où il écrit par exemple en 2007 :

Les gouvernements révolutionnaires qui dirigent la « nation arabe éternelle » ont dévoré la vie, la religion, la dignité et même l’humanité dans l’âme des gens. [Ils] ont détruit les droits de l’Homme et traîné la dignité humaine dans la boue. [Ils] ont exécuté, assassiné, dépouillé, exilé, pillé, tué, égorgé, confisqué, nationalisé (2).

À l’époque, de tels propos sont d’une audace inouïe de la part d’un homme de religion syrien. Al-Khatib se distingue aussi de ses confrères par ses relations étroites avec des opposants et défenseurs des droits de l’Homme, islamistes mais aussi laïcs. C’est en compagnie de ces derniers que, deux semaines après les premières manifestations de mars 2011, le prêcheur signe, dans un quotidien libanais, un appel à l’établissement d’un “État civil démocratique” (3). Dans les semaines suivantes, il prend la parole lors de veillées funèbres de manifestants tués par la police, insistant sur la nécessité de préserver le caractère pacifique de la contestation et appelant à l’unité inter-confessionnelle. S’adressant à la foule dans une banlieue de Damas, il déclare ainsi :

Nous ne formons qu’un seul corps. Je vous le dis : les alaouites sont plus proches de moi que bien des gens. Je connais leurs villages, leurs pauvres villages où ils mènent une vie d’oppression et de labeur éreintant. Nous voulons la liberté pour chaque être humain dans ce pays, pour chaque sunnite, chaque alaouite, chaque ismaélien, chaque chrétien, chaque arabe et chaque membre de la grande nation kurde (4).

Ces propos, parmi d’autres, vaudront à al-Khatib de passer dix jours en prison. Contraint au silence, le prêcheur n’en demeure pas moins actif au sein de l’opposition. Opposant déterminé à la militarisation du soulèvement, il oeuvre de concert avec des opposants laïcs partageant son point de vue, comme le leader du Courant de la Construction de l’État Loueï Hussein (5). Il affiche parallèlement une résistance tout aussi ferme aux sirènes de la cooptation par le pouvoir, lequel lui fera payer son entêtement en le plaçant à nouveau sous les verrous la semaine dernière.

On notera que l’arrestation d’al-Khatib survient en même temps que la libération, après un mois d’incarcération, d’un autre islamiste partisan de la non-violence, le médecin Muhammad al-‘Ammar. Ce disciple du penseur syrien Jawdat Said, surnommé le “Ghandi arabe”, est un membre fondateur du Comité de Coordination National, groupe d’opposition modéré (et, à ce titre, toléré) dominé par des figures issues du nationalisme arabe et de la gauche.

NOTES

(1) Pour plus d’informations sur ce personnage et ses idées, voir, de sa plume, “Al-Tamaddun al-Islami: passé et présent d’une association réformiste damascène”, Maghreb-Machrek, n° 198 (2008), p. 79-92; voir également mon ouvrage Baas et Islam en Syrie (Paris, PUF, 2011), p. 172 sq.

(2) Cité dans Pierret, Baas et Islam en Syrie, p. 174.

(3) Al-Safir, 28 mars 2011.

(4) Discours prononcé à Douma, 5 avril 2011.

(5) Note publiée par Loueï Hussein sur sa page Facebook sous le titre “Mon ami et partenaire Mouaz al-Khatib”, 29 avril 2012.

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Video di un discorso di al Khatib a Muaddamiya, sobborgo di Damasco, il 6 aprile 2011