L’economia libanese e la “crisi” siriana

Siria-Libano prima del ritiro siriano del 2005La rivolta siriana vista da Beirut può esser letta con le lenti di chi la ignora, tentando in ogni modo di pensare che “la crisi” riguardi un altrove molto lontano, oppure di chi la vive, per diverse ragioni, quasi in prima persona. Di certo i riflessi che “gli eventi siriani” hanno sulla situazione economica libanese sono sempre più evidenti. Di seguito un punto scritto dalla France Presse il 31 ottobre 2011.

L’économie du Liban subit de plein fouet les conséquences de sept mois de révolte contre le régime de Bachar al-Assad dans la Syrie voisine, une situation qui affecte surtout le tourisme, le commerce et les flux de capitaux.

“Le Printemps arabe n’a pas bénéficié à l’économie libanaise. En fait, cela nous a privés de deux marchés essentiels, la Syrie et l’Egypte, alors que tous nos leviers de croissance (…) sont en baisse”, souligne l’économiste Sami Nader, basé à Beyrouth.

Après des années de croissance économique et de records dans le secteur capital du tourisme, le Fonds monétaire international (FMI) a récemment revu à la baisse ses prévisions de croissance pour le Liban à 1,5% en 2011, contre 7,5% entre 2007 et 2010, en raison de l’incertitude politique et des troubles en Syrie.

L'”Economist intelligence unit” a également estimé que les indicateurs pour les secteurs bancaire, de la construction et du tourisme -qui représente 25% des emplois et 20% des revenus du pays- avaient baissé significativement au premier semestre 2011. Depuis des décennies, l’histoire et l’économie du Liban et de la Syrie sont étroitement liées, Damas profitant du système bancaire moderne libanais et Beyrouth misant sur le faible coût de la main-d’oeuvre syrienne.

Une crise dans un pays a nécessairement une répercussion dans l’autre. Alors que la révolte contre le président syrien Bachar al-Assad ne faiblit pas, les hommes d’affaires libanais commencent à craindre la perte de ce marché lucratif, qui appréciait les produits alimentaires et les objets de luxe venus du Liban.

“Nos clients en Syrie n’achètent plus parce que tout simplement ils ne peuvent pas se permettre de perdre des liquidités”, explique un Libanais spécialisé dans les biens de consommation courante et dont la moitié des ventes est réalisée auprès de clients syriens.

Frappée par des sanctions de l’Union européenne et des Etats-Unis, la Syrie a annoncé en septembre la suspension temporaire des importations de produits subissant des droits de douanes de plus de 5%, à l’exception des produits de base n’existant pas localement. L’interdiction a ensuite été levée.

Mais “même après la levée de l’interdiction des importations, les clients ont gelé leurs affaires avec nous car ils ne savent pas ce qui va arriver”, a ajouté l’homme d’affaires, sous couvert de l’anonymat. “Les cargaisons arrivant à Beyrouth sont en grande partie revendues ailleurs et la Syrie était un client privilégié”, explique de son côté Marwan Chebli, directeur général d’Antarsped, une compagnie de transport ayant des succursales au Liban et en Syrie.

M. Chebli estime que son activité en Syrie a chuté de près de 50% depuis le début de l’année, tandis que les activités de transports par air, terre et mer depuis le Liban ont reculé de 13% depuis août. “Même les transactions bancaires sont touchées. Nous ne pouvons même pas transférer de l’argent vers notre bureau de Damas”, dit-il.

Les violences en Syrie augmentent parallèlement le risque d’un retrait de capitaux du Liban, les expatriés et les investisseurs potentiels craignant que la contestation ne déborde au Liban. Alors que les réserves en devises étrangères sont estimées à 31 milliards de dollars (21,8 milliards d’euros), le Liban fait face à une dette publique de plus de 53 milliards de dollars, soit environ 135% du PIB, un taux parmi les plus élevés au monde.

L’inflation devrait, elle, augmenter de 5,2% en 2011, les prix des produits de base étant en forte hausse, notamment l’essence et la nourriture. “Les investissements vont commencer à souffrir rapidement si le Liban ne prend pas les mesures pour protéger l’économie, et notamment pour stimuler la croissance et les exportations”, estime M. Nader.

“A la lumière de ce qui se passe dans la région, le gouvernement doit avoir une vision claire et cohérente de la façon de relancer l’économie et de répondre à une absence de croissance”, souligne-t-il.